Les modes de transport en commun urbains

Article publié le 15/06/2021 | mis à jour le 16/07/2021 usagers


Ils font partie du paysage urbain depuis bientôt six siècles et l’on se demande bien aujourd’hui ce que l’on ferait sans eux. Bus, métro, tramway ou funiculaire : chaque ville a développé ses réseaux en fonction de sa configuration et des besoins de ses usagers, en combinant parfois différents modes de transport en commun.

À la fin de l’année 1661, Blaise Pascal (mathématicien, inventeur et philosophe, entre autres) soumet à Louis XIV l’idée d’un transport en commun organisé. Celui-ci permettrait aux Parisiens de se déplacer d’un quartier à l’autre dans des carrosses à huit places, tirés par quatre chevaux, sur des trajets prédéfinis et ponctués d’arrêts tout du long pour prendre ou déposer les voyageurs, le tout à horaires fixes et pour le prix modique de cinq sols. Cinq lignes sont donc déterminées et en mars 1662, la première ligne relie la Porte Saint-Antoine au Palais du Luxembourg, les quatres autres lignes étant mises en place dans les mois suivants. Blaise Pascal est ainsi à l’origine du premier réseau de transport en commun au monde.

Aujourd’hui, être transporté dans une cariole tirée par des chevaux relève plutôt de l’expérience touristique ou du divertissement. Les modes de transport en commun ont évolué pour s’adapter à la densité de la circulation urbaine, à la population croissante et aux distances au coeur d'agglomérations qui s’étendent toujours plus. 

Selon la taille de la ville et sa configuration, différents modes de transport en commun sont mis à la disposition des voyageurs. Le bus est celui d’entre eux qui est le plus utilisé en France, suivi du métro puis du tramway (*).

(*) Source : les Échos

Le bus

C’est le mode de transport le plus utilisé en France, mais aussi le plus répandu. Il apparaît sous le nom d’omnibus, puis il devient "autobus" et enfin "bus", pour désigner autant le mode de transport que le type de véhicule. Il est affecté aux lignes urbaines ou périurbaines exclusivement, mais sa circulation s’étend parfois aux communes rurales proche de l’agglomération urbaine concernée, dans les zones moins denses en services de transport en commun.

Un bus de modèle standard accueille une centaine de passagers. Certains réseaux très denses sont équipés de bus articulés, voire bi-articulés. Il existe également des midibus et des minibus, avec une capacité réduite du nombre de voyageurs. Les bus à deux étages, très courants au Royaume-Uni, ne sont utilisés en France que pour des visites touristiques.

Le métro

Quand il n’y pas plus de place pour rouler sur la terre, il n’y a qu’à rouler dessous… Au milieu du 19ème siècle et comme dans de très nombreuses capitales, la densité de la circulation à Londres ne cesse de s’accroître et cause d’énormes problèmes. C’est là, en 1863, que sera inaugurée la toute première ligne de métro au monde. Elle est d’ailleurs toujours en service. La première ligne parisienne est ouverte en 1900 et en 2012, elle comptabilisait plus de 5,2 millions de trajets par jour.

En France, Paris n’est plus la seule ville desservie par le métro. Une ligne ouvre à Lyon en 1974, puis à Marseille en 1977. Plus tard, Lille, Toulouse et Rennes s’équipent elles-aussi, utilisant sur leur réseau uniquement des Véhicules Automatiques Légers (VAL). Plus rapide parce qu’il n’est pas soumis aux aléas de la circulation routière, le métro reste un moyen de transport uniquement déployé dans les très grandes villes.

Le métro parisien compte à ce jour 16 lignes et 225,1 km. Le chantier du Grand Paris Express, commencé en 2015, ajoutera 200 km de réseau d’ici 2030, soit 4 lignes supplémentaires en métro automatique, et l’extension des lignes 11 et 14.

Le tramway

Le tramway voit le jour aux États-Unis au début du 19ème siècle mais à l’époque, ces wagons roulant sur des rails sont tractés par des chevaux. En France, le premier tramway est inauguré en 1838 entre Montrond-les-Bains et Montbrison, dans la Loire.

C’est le mode de transport le plus développé dans les agglomérations au début du 20ème siècle. Puis, pendant l’entre-deux-guerres, on lui préfère le bus, plus facile à mettre en place puis qu’il n’a pas besoin d’une infrastructure dédiée. Aussi, les voitures particulières sont de plus en plus accessibles au public. Le tramway est alors peu à peu abandonné, jusqu’à disparaître complètement dans les années 1960. Il ne fait son retour que dans les années 1980, dans le centre-ville de Nantes, et connaît depuis un regain d’intérêt de la part de nombreuses municipalités.

Le trolleybus

Le trolleybus, c’est un bus électrique qui roule comme un tramway : alimenté par des lignes aériennes de contact. Le plus souvent, il est quand même équipé d’un moteur auxiliaire qui lui permet de circuler hors réseau électrique si nécessaire. Le trolley bus présente de nombreux avantages : il est silencieux, moins polluant que les bus roulant au diesel, sa mise en place nécessite une infrastructure moindre que celle d’un tramway classique et l’absence de rails le rend plus mobile. En France, les villes de Lyon, Limoges et Saint-Étienne exploitent quelques lignes de trolleybus.

Le VAL

Le VAL, Véhicule Automatique Léger, est ce qu’on pourrait appeler le petit frère du métro. Son gabarit est moindre, il circule sur des pneumatiques et il est totalement automatisé. Ce mode de transport est conçu en France, en 1968. Il est mis en service pour la première fois en 1983 à Lille, et c’est alors la première ligne de transport en commun automatisée au monde. Les deux aéroports de la région parisienne, Orly et Roissy, s’équipent respectivement en 1991 et 2007, Toulouse met en service sa première ligne en 1993 et Rennes, depuis 2002, est la plus petite ville du monde traversée par un métro.

Le transport à la demande

Dans certaines agglomérations, le Transport à la Demande (TAD) vient compléter le dispositif de transports en commun. C’est le cas notamment des villes dont la périphérie est étendue mais avec une faible densité d’habitat. Le TAD permet d’ajuster le service à la demande réelle sans mettre en place une ligne régulière, qui serait sous-exploitée du fait de l’irrégularité de sa fréquentation.

Selon les cas, les TAD fonctionnent avec et/ou sans réservation. Dans ce dernier cas, il s’ajustent aux besoins récurrents (horaires professionnels, marchés,…) avec des minibus pouvant recevoir entre 10 et 25 passagers, et parfois des taxis collectifs. Le prix du trajet est le même que sur le reste du réseau de la ville concernée.

Le bateau

Certaines villes disposent aussi de navettes fluviales ou maritimes, avec un trafic le plus souvent accru en période estivale. À Paris, le Batobus parisien propose 9 escales le long de la Seine, le Navibus de Nantes exploite deux lignes de liaison sur la Loire, et l’on peut également emprunter ce mode de transport sur des trajets plus ou moins longs à Marseille, à Lorient, à Bordeaux, à Brest, à Lyon, à La Rochelle, aux Sables d’Olonne ou, depuis 2019, à Pointe-à-Pitre.

Le funiculaire ou transport urbain par câble

Quand le terrain ne se prête pas à une autre solution, le principe de wagons tractés s’adapte au transport de voyageurs. Cette technique, utilisée dès le Moyen Âge en Autriche pour accéder à une forteresse perchée en ahut d’une montagne, est utilisée pour la première fois dans le cadre de transports publics en 1825, en Angleterre. 

Le funiculaire apparaît en France dans la Loire, en 1833. Il existe encore quelques lignes, par exemple à Lyon qui compte encore deux lignes en exploitation, à Pau avec une ligne gratuite qui relie la gare au boulevard des Pyrénées, et au Havre, où les locaux l’appellent "la ficelle". À noter : le célèbre funiculaire de Montmartre n’est techniquement pas un funiculaire, mais un ascenceur incliné.


Cet article a été rédigé par Cécile B.

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